YOM
KIPPOUR, OU LE GRAND JOUR DE RECONCILIATION
Récit
d'un jeune Hébreu, à l'occasion de la commémoration annuelle du « Grand
Jour de Réconciliation », tel qu'il est observé actuellement par
les Juifs orthodoxes.
Yom
Kippour, ou le Grand Jour de Réconciliation, était un jour solennel
chez mon père, car non seulement il jeûnait, priait, mortifiait sa
chair en ce saint jour d'expiation, mais il passait réellement en dévotions
la nuit entière à la synagogue. Ce grand jour-là, j'ai souvent vu mes
parents pieux pleurer lorsqu'ils répétaient la confession émouvante
qui suivait l'énumération des sacrifices exigés par D.ieu pour les péchés
d'omission et de commission. Souvent je versais des larmes de sympathie
lorsque je me joignais à mon père quand il se lamentait que nous
n'avions plus aujourd'hui ni temple, ni souverain sacrificateur, ni
autel, ni sacrifices.
La
veille de ce jour solennel, mon père, en compagnie des autres Juifs de
la communauté, prenait un coq, et pendant qu'on répétait certains
genres de prières, il tournait l'oiseau vivant trois fois au-dessus de
sa tête en répétant les paroles suivantes : «
Que cet animal me soit
substitut, qu'il soit mon remplaçant, qu'il soit mon expiation; que cet
oiseau meure et que j'obtienne une vie bénie
». Il posait
ensuite ses mains sur l'oiseau, comme on le faisait jadis dans les
sacrifices et immédiatement après le coq était mis à mort. C'est là,
aujourd'hui, le seul sang répandu en Israël. Le sang des taureaux et
des boucs ne ruisselle plus aux côtés de l'autel d'airain.
Mon
père faisait tous ses efforts pour se procurer un coq blanc, il évitait
d'en prendre un rouge, et lorsque je lui en demandai la raison, il me
dit qu'un coq rouge est déjà couvert de péché, car le péché est
rouge selon qu'il est écrit : «
Si vos péchés sont comme le
cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont rouges
comme l'écarlate, ils seront comme la laine
» Es. 1 : 18. Mon père
continuait : Vous trouverez que les Rabbins l'ont déposé dans le
Talmud ; si le coq est blanc, il n'est pas infecté de péché et peut
par conséquent porter les péchés des Juifs ; mais s'il est rouge, il
est alors couvert de péchés et impropre pour porter nos iniquités.
Pourquoi
les Juifs se servent-ils d'un coq, plutôt que d'une autre créature ?
C’est parce que l'homme, en langue hébraïque, est appelé gever.
Les Juifs disent alors : Si gever (l’homme) a péché, gever
doit aussi subir le châtiment du péché. Or, comme le châtiment (la
mort) est plus lourd que ce que les Juifs peuvent porter, les rabbins
leur ont substitué un coq, qui dans le dialecte chaldéen est appelé gever
et ainsi la justice divine est présumée satisfaite, car gever
ayant péché, gever (un coq) est sacrifié.
Aujourd'hui
parmi les Juifs, la masse de la nation conserve toujours la notion de la
nécessité absolue d'un sacrifice pour le péché et sait que sans une
propitiation, la repentance ne sert de rien pour le salut. Le véritable
Messie, a accompli la propitiation même pour le péché, laquelle
certains Juifs, s'imaginent avoir accomplie par le sacrifice d'un coq
- écrit en
1890 (Vol. 3 p. 276 "Le rétablissement d'Israël").
Quel
cri de joie il devait y avoir quand le peuple d’Israël entendait le
shofar retentir, proclamant leur liberté ! Bientôt, toutes
les
dettes seraient résiliées, les serviteurs diraient au revoir à leurs
maîtres, les portes des prisons s’ouvriraient et les prisonniers
seraient libérés, les possessions perdues seraient rendues à ceux à
qui elles avaient été confisquées et les réunions de famille
auraient lieu dans une joie inexprimable.
Le
peuple d’Israël dans ses douze tribus, et toutes les nations de
Gentils, attendent maintenant le Messie promis, la Semence d’Abraham,
par qui «
toutes les
familles de la terre seront bénies
»
Gen. 12 : 3 ; 22 : 15-18 ;
Jér. 31 : 31-34.
Ils
écouteront ce grand Médiateur, que l’ETERNEL a suscité du milieu
d’eux d’entre leurs frères : « C'est
un prophète sorti de tes rangs, un de tes frères comme moi, que l'Éternel,
ton Dieu, suscitera en ta faveur : c'est lui que vous devez écouter !
» Deut. 18 : 15 -
E.B.
236 p. 13 - Traduit de l'anglais (B.S. N° 683 - fév. 1993)
COMMENTAIRE
DU REDACTEUR SUR CE QUI PRECEDE
Nous
encourageons nos amis et le peuple Juif à garder la foi dans les
merveilleuses promesses qui sont en train de se réaliser. Les
promesses de l’alliance constituent la base des relations entre D.ieu
et Israël. Deut. 32 : 10 — « II le
rencontre dans une région déserte, dans les solitudes aux hurlements
sauvages; il le protège, il veille sur lui, le garde comme la prunelle
de son œil
».
Gilbert Hermetz